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Yaourth écrit : Le Grand Pouvoir du Chninkel
Rosinski – Van Hamme
Ed : Casterman
Des ruines encore fumantes de ce monde ravagé surgirent en hurlant les armées de ceux qu’on appela les Immortels…
Ainsi naquit La Guerre.
Et ainsi débuta le long esclavage du peuple Chninkel.
Daar est un monde en guerre.
D’aussi loin que s’en souviennent ses habitants, les Trois Immortels ont toujours dirigé leurs inépuisables armées les unes contres les autres dans des batailles titanesques et sans vainqueurs.
Parmi les peuples de Daar, le plus misérable est le peuple Chninkel. Esclaves, chaire à canon de Barr Find Main Noire, destinés à mourir au combat ou de famine… rien ne laisse entrevoir le moindre espoir pour les Chninkel.
Et pourtant, un jour, J’on le Chninkel décide de déserter les combats… il s’enfuit après une bataille monstrueuse, poursuivit par des ennemis sans pitié qu’il parvient à semer dans la lande stérile de la région. Ne pouvant subsister, il décide d’attendre la mort…
quand lui apparaît le Monolithe.
Immense pierre d’une noirceur absolue flottant dans le ciel, le Monolithe se présente comme étant le Dieu responsable de cette planète maudite.
Et il lance un ultimatum : si le monde ne retrouve pas la paix, Daar sera détruite par le feu et rien ne survivra. En échange, J’on reçoit le Grand Pouvoir. Il ne sait pas ce que c’est, ni comment l’utiliser, mais le voilà désormais investi d’une mission capitale.
Conscient de son insignifiance, il s’invente un culte, annonce l’existence du Dieu aux peuples qu’il croise et décide d’aller rencontrer les Immortels pour les forcer à arrêter La Guerre.
Tout au long de son périple, J’on va convertir des disciples, réaliser des miracles, franchir des épreuves impossibles… jusqu’à sa rencontre avec les Immortels.
Rosinski et Van Hamme signent là un de leur chef d’œuvre.
Une œuvre majeure de la bande dessinée européenne qui reste encore une référence dans tous les domaines : graphisme, scénario, dialogues, structure….
Tout au long de cette incroyable histoire, le lecteur est maintenu dans un doute imperceptible sur la réalité des croyances du Chninkel et sur les conséquences de ses actes dans un monde qui paraît inébranlable. De rencontres en épreuves, de malédictions en miracles, J’on va franchir toutes les couches d’une société cloisonnée sans que l’on sache vraiment si il est investi d’un pouvoir divin ou si sa réussite provient de sa foi en un Dieu en colère et de son désir de sauver un monde qui, pourtant, l’a rejeté.
Jusqu’à la fin, qui est magistrale, le lecteur est emporté dans un monde baroque, violent et décadent.
Il existe depuis quelques années une réédition en couleur en plusieurs volumes de l’édition originale en noir et blanc sortie en 1988. Si vous avez le choix, je vous conseille de prendre l’édition en noir et blanc, dont les graphismes sobres et dépouillés renforcent énormément l’histoire.
Le Grand Pouvoir du Chninkel est de ce genre de bande-dessinées qui doit impérativement figurer dans toute bibliothèque, ne serait-ce que pour sa fin en point d’orgue qui ne laisse personne indifférent.
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