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Deedlit écrit : « La servante écarlate »
Margaret Atwood
Aux éditions Robert Laffont, Collection Pavillons
Ce roman a été publié il y a environ 20 ans, et on l’a, chose amusante, comparé au « 1984 » de G.Orwell pour ses qualités d’anticipation et de réalisme. Comme le dit le 4ème de couverture « un monde si proche du nôtre qu’il en semble issu ».
J’avais, avant de lire ce roman, un archétype en tête du lecteur de littérature fantastique : plutôt jeune, en général masculin et peu enclin à lire d’autres genres de littérature.
Oui, vous bondissez... et vous avez raison, d’autant plus que j’échappe en tant que lectrice du genre à cet archétype :) Tout ça pour dire que c’est une de mes adorables collègues, récemment partie en inactivité, qui m’a prêté ce bouquin, en me le recommandant chaudement. J’étais surprise et un peu dubitative, car dans mon esprit, elle aimait uniquement littérature classique. Eh bien, j’ai eu tort de douter, car si ce roman a le potentiel de devenir un classique, c'est sans conteste dans le domaine de l'anticipation !
Ce roman est écrit à la première personne, sauf pour l’épilogue. C’est un personnage féminin qui nous conte son quotidien, dans un monde où les femmes sont désormais cataloguées en 2 catégories, que je vous laisse le soin de découvrir. Ce serait en effet déflorer ce roman que d’en dévoiler le secret. Cette femme nous décrit ses moindres gestes ainsi que ceux de son entourage immédiat.
On apprend au détour d’une phrase que le pays dans lequel elle vit, ainsi que les lois qui le régissent, sont les conséquences d’une guerre aux effets dévastateurs sur l’espèce humaine, peut-être une guerre nucléaire.
Les qualités de ce roman sont sans conteste son scénario basé sur une progression lente mais inexorable du personnage principal vers une prise de décision, ainsi que sur une grande fluidité du texte. J’ai lu le texte en français, mais on fait rarement une bonne traduction à partir d’un original sans saveur (alors que l’inverse…) ;)
Ce qui m’a touchée, c’est évidemment le thème : on parle ici non pas seulement du devenir de l’espèce humaine dans son ensemble, mais du devenir de la femme et de son rôle dans la société. En résumé, un roman d'une grande qualité d'écriture, vraiment passionnant, et jouant sur la proximité entre lecteur et personnage, par le biais de la narration à la première personne (comme chez R.Hobb pour les chroniques de l’assassin royal ou R.Matheson pour Je suis une légende).
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