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Jeff écrit : L’épée de Vérité
Terry Goodkind
Aux éditions Bragelonne, les copains de yaourth.
4 tomes sortis en France :
La première leçon du sorcier
La pierre des Larmes
Le sang de la déchirure
Le temple des vents
Il y a encore 4 tomes non traduits.
Si vous n’avez pas vu ces bouquins chez votre libraire préféré, c’est que vous êtes aveugles !!!
Avec leur couverture noire, et leur dessin très sympa, ils sont très beaux et on ne peut pas les louper (et plutôt bien traduits d’ailleurs, ainsi qu’assez chers !).
Alors, pour résumer, on parle des aventures de Richard Cypher, guide forestier, qui est bien sûr promis à un avenir bien différent de ce qu’il croyait puisqu’il va devenir le sourcier de vérité, un rôle très particulier que l’on peut assimiler à l’Hystrion d’Ayerdall pour ceux qui connaissent (avec un côté moins bordélique), sauf que l’épée de vérité est magique et qu ‘elle confère bien sûr à son porteur des pouvoirs magiques.
Cette série est un best seller énorme aux USA et le premier volume de vente de l’héroic fantasy. Le premier tome date de 1994 et devait être un one shot, qui a été suivi d’autres épisodes au vu du succès du premier.
J’ai piqué le résumé du premier tome chez le Cafard Cosmique parce que je suis nul dans ce genre d’exercice. « Dans le premier tome, nous faisons la connaissance avec Richard Cypher qui vivait paisiblement dans la forêt de Hartland jusqu'à ce qu'il sauve une belle inconnue des griffes de ses poursuivants. Elle ne consent à lui dire que son nom : Kahlan. Dès le premier regard, il sait qu’il ne pourra plus jamais la quitter. Or, elle vient des Contrées du Milieu, territoire séparé de Hartland par une frontière magique infranchissable (enfin presque). Et elle n’est pas venue seule. Désormais, le danger rôde dans la forêt. Des créatures monstrueuses suivent les pas de l’étrangère. Seul Zedd, le vieil ermite, ami de Richard, peut lui venir en aide... mais ce faisant, il risque de bouleverser le destin du jeune homme. Car Zedd n’est autre que le grand sorcier, réfugié en Terre d’Ouest, que la belle Kahlan vient chercher. Le destin des trois compagnons et de s'opposer au tyran Darken Rahl qui règne à présent sur les Contrées du Milieu. Rahl est un fou sanguinaire qui projette de détruire le monde à l’aide d’anciens artefacts, les boites d’Orden. Pour tenter de l’arrêter, Zedd fait de Richard le " Sourcier " en lui remettant la légendaire Epée de Vérité. Cette épée lui donne le pouvoir dévastateur de rendre justice, mais l’arme est à double tranchant, car Richard éprouvera la souffrance de tous ceux qu’il tuera... Ainsi commence une extraordinaire quête à travers les ténèbres. Au nom de l’amour. A n’importe quel prix. »
Mon avis sur la question.
Tout d’abord je suis un vrai fan de fantasy et j’en ai lu beaucoup. Du bon et du moins bon.
Déjà l’Epée de Vérité est un peu particulière pour un adepte de la fantasy parce qu’il y a des repompages/hommages de pleins d’autres auteurs du genre.
Par exemple, nous croisons Samuel, qui est une créature humanoïde difforme, avec de grands pieds ( ;-) ), qui parle bizarrement et qui convoite les objets de autres en disant « à moi, à moi » et qui a été transformée ainsi à cause d’un objet magique qu’il avait possédé dans le passé puis perdu…
Le SDA n’est pas loin et là on est dans l’hommage.
Ensuite, pour ceux qui connaissent Jordan et la Roue du Temps, il y a des dizaines d’emprunts : les Sœurs de la Lumière, avec en leur sein, sans qu’elles le sachent, des sœurs de l’obscurité. Il y a les colliers, que l’on met autour du cou d’un sorcier pour maîtriser son pouvoir. Il y a Kalhan, la copine de Richard, Mère Inquisitrice…Il y a la magie du passé, plus forte et à laquelle les mages actuels ne comprennent rien. Certains sorts sont des tissages, comme les tissages d’air de Jordan, sauf que la magie est plus « cloisonnée » chez Goodking.
Il y a l’Empereur, qui vient d’un pays qui n’est pas sur les cartes…
J’arrête là mais il y a plein de similitudes, sauf que là ou Jordan rend ça CHIANT à force de tomes inutiles, Goodkind s’en sort beaucoup mieux !
C’est drôle mais je me suis demandé un moment si ce n’était pas du Jordan sous un pseudo mais avec un cycle avec plus d’actions, moins délayé et plus « cohérent ».
Il y a l’épée, dont le pouvoir rend Richard plus fort mais dont la base de fonctionnement est la colère et le prix à payer très cher quand on l’utilise… (là on se rapproche d’Elric et de Stormbringer).
Il y a des dragons intelligents et autres créatures magiques, (confere Marion Zimmer Bradley).
Il y en a d’autres mais mon post va déjà faire trois pages alors on va arrêter là.
Je vais vous parler du premier tome. Ma femme les a lu avant moi et m’a dit que c’était bien. Je me suis méfié mais j’ai attaqué quand même. :-) Soyons clair, les 150 premières pages (le 1er tome en fait 650) sont ultra chiantes (j’exagère un tout petit peu) car convenues au possible.
Kalhan, la mère inquisitrice, arrive seule dans un pays sans magie, à la recherche du Premier Sorcier, qui s’est isolé là et caché magiquement et qui seul pourra l’aider. Bref elle est mal barré.
Et bien sûr elle tombe sur Richard, qui va la conduire chez son pote Zedd, qui l’a éduqué en partie, et qui est bien sûr le grand sorcier et bien sûr Richard va être promu Sourcier de Vérité et bien sûr il va tomber amoureux de Kalhan et bien sûr lui aussi à le don de la magie…
Ca c’est la partie dure et j’ai failli arrêter là. Puis on part dans quelque chose de plus sympa, avec les habituelles séparations entre personnages et suivis en parallèle que l’on doit au SDA et que l’on retrouve dans 70 % des ouvrages de fantasy (en particulier Jordan). Et là le rythme s’accélère et on se laisse prendre au roman.
Sur les 100 dernières pages on le lâche pas le bouquin…
Attention, ça reste classique avec les rebondissements habituels mais il y a un côté un peu décalé assez sympa. Il y a un peu de sexe mais pas trop et puis un côté torture (niak niak) et des méchants très méchants (avec pédophilie et autres) assez originaux parce que nouveaux.
Donc rien de bien exceptionnel mais c’est très agréable, et l’ensemble est bien cohérent. Ca ne révolutionne pas la fantasy mais c’est super à lire en vacances ou pour se détendre (quoique j’étais pas si détendu que ça pour connaître la fin).
A la fin du premier tome on pense que tout va bien, puis on se rend compte que le gros pourri qui perd à la fin est en fait l’agent d’un plus gros pourri encore. Et là ça repart encore plus fort.
Le deuxième tome est bien plus prenant et ça n’arrête pas.
On se rend compte que nous n’avions fait qu’effleurer la surface du monde de Goodking et qu’il en a encore sous la chaussure, en terme géopolitique et en personnages et magies inconnues jusque là.
Bref le deuxième est vraiment sympa et c’est le meilleur des 4. Sans vous révéler les trucs, a la fin du deuxième on a gagné contre le gros méchant (vous vous en doutez, avec une fin un peu rapide d’ailleurs), incarnation essentielle du « mal », mais ce n’est pas pour ça que la géopolitique n’est plus là et que l’Empereur ne veut pas posséder les contrées du milieu (encore Tolkien tiens)
La ça va durer sur plusieurs tomes, un peu comme dans la guerre des étoiles, par victoires successives.
Le troisième tome est encore bien, beaucoup plus noir, avec ces enfoirés du « sang de la déchirure », que l’on peut rapprocher des forces corrompues de la lumière dans les chroniques de la lune noire, et de l’inquisition catholique…
Mais là ça commence aussi à partir en couille avec les esprits de la lumière, qui pointent le bout de leur nez. On arrive au quatrième tome et là ça commence à carrément baisser.
J’attends de lire le cinquième qui n’est pas sorti avant de vous conseiller d’aller plus loin que le troisième.
J’ai en fait l’impression d’être dans cette serie tv pourrie de Charmed, avec ces putains d’esprits de la lumière qui sont une bonne excuse pour faire n’importe quoi en terme de scénario.
Ca reste noir mais avec des « incohérences » expliquées par la volonté des esprits et que je n’aime pas. Voilà.
Attention, il y a aussi de l’amour avec un grand A et les héros discutent beaucoup beaucoup de ce qu’il font, des implications de leur actes et autres. C’est pas mal parce que rarement fait (même si la profondeur psychologique des personnages en moins bien que dans Robin Hoob et surtout plus lourde dans ses répetitions et explications qui ne sont pas vraiment utiles).
Et c’est pas de la haute littérature. C’est un peu du Sulitzer de la Fantasy avec un côté pas désagréable. Ceux qui n’ont pas aimé les chroniques de Krondor n’aimeront peut être pas…
Voire sans doute pas.
PS : J’ai lu les 4 tomes d’affilée en 4 semaines…
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